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Guide

Associations et fondations musicales conseillent, financent, encaissent

Chaque question d'argent dans la musique a son adresse. Qui t'aide pour les cachets, qui finance tes projets et qui encaisse pour toi.

Ruedi Baumberger · 6 min de lecture

Chaque question d'argent dans la musique a son adresse. Cachets et contrats : SONART, l'USDAM et la SIG. Argent pour tes projets : des fondations comme la FONDATION SUISA ou Pro Helvetia. Argent issu de l'utilisation de ta musique : SUISA et Swissperform. S'y ajoutent les faîtières des sociétés et les associations de la branche.

Qui me représente pour les cachets et les contrats ?

SONART se présente comme la plus grande association professionnelle de musicien·nes en Suisse.[1] Elle défend les musicien·nes sur le plan politique et social.[1] Ses membres reçoivent des conseils sur les finances, la carrière et les assurances.[1]

SONART publie aussi des recommandations d'honoraires. Les niveaux s'appellent MinimumPay et FairPay.[1] Ce ne sont pas des cachets minimaux obligatoires, précise l'association.[1] Elles servent de base de négociation. Et de base pour le budget d'une demande de soutien.[1]

L'USDAM (Union suisse des artistes musiciens) est le syndicat des musicien·nes.[2] Elle réunit les membres des orchestres professionnels et les indépendant·es de tous styles.[2] Dans les orchestres, elle négocie des conventions collectives de travail.[2] Pour les indépendant·es, il existe des contrats et des barèmes.[2] Les membres ont droit à des conseils et à une aide juridiques.[2]

La SIG (Coopérative suisse des artistes interprètes) s'adresse aux interprètes. Elle conseille gratuitement sur l'enregistrement de prestations et leur exploitation.[3]

Où trouver de l'argent pour un enregistrement, une tournée ou l'export ?

Tout commence par une recherche. kulturfoerderung.ch répertorie des adresses de soutien privées et publiques.[4] La base est gérée par l'Office fédéral de la culture et le Pour-cent culturel Migros.[4]

La FONDATION SUISA soutient la création musicale actuelle de Suisse et du Liechtenstein.[5] Elle finance des projets d'auteur·es et d'interprètes.[5] Condition : aucun tiers n'y a d'intérêt commercial.[5]

Pro Helvetia soutient la création musicale professionnelle actuelle et contemporaine.[6] Elle accorde des contributions pour de nouvelles œuvres.[6] Et pour des festivals à l'étranger qui accueillent des groupes de Suisse.[6] Les tournées à l'intérieur de la Suisse, elle ne les soutient pas.[6]

Swiss Music Export soutient des activités à l'étranger.[7] L'accent porte sur l'Europe et sur la pop au sens le plus large.[7] État octobre 2026 : 1'500 francs au maximum par demande.[7] Pour une simple tournée à l'étranger, SME renvoie à Pro Helvetia, à la FONDATION SUISA et à la SIS.[7]

La SIS (Fondation suisse des artistes interprètes) soutient concerts et tournées.[8] Elle finance des formations continues. Et elle aide en cas de difficultés financières.[8] Son offre s'adresse aux interprètes professionnel·les comme amateur·es.[8]

La Fondation des producteurs de phonogrammes ne soutient que des projets qui renforcent la place du support sonore dans la vie culturelle.[9] En règle générale, elle ne finance pas directement un enregistrement.[9]

La Fondation suisse pour la radio et la culture soutient des projets directement liés à la radio et à la culture en Suisse.[10] Émissions, productions et concours en font partie.[10]

Le Pour-cent culturel Migros accorde des contributions à des initiatives culturelles et sociétales.[11]

La Fondation CMA accompagne les musiques actuelles en Suisse romande.[12] Elle propose des programmes de soutien, des conseils, des formations et du réseautage.[12]

Qui encaisse l'argent pour moi ?

La SUISA et Swissperform, deux sociétés de gestion, s'en chargent (elles encaissent les redevances et les répartissent entre les ayants droit).[13]

La SUISA représente les auteur·es et les éditeur·trices. Qui compose ou écrit des paroles signe avec elle un contrat de gestion.[14] Elle encaisse alors quand la musique est diffusée, jouée ou reproduite.[14] Tes œuvres, tu les déclares toi-même à la SUISA.[14]

Swissperform gère les droits voisins. Ce sont les droits des interprètes, des labels, des producteurs de films et des diffuseurs.[13] L'argent vient des utilisations secondaires de ces prestations.[13]

La SIG revient ici. Swissperform lui a délégué certaines tâches de répartition.[13] Ta prestation passe à la radio ou à la télé ? Tu annonces la diffusion à la SIG.[3]

Quelle faîtière pour ma société ?

La musique amateur a ses propres faîtières.

L'Association suisse des musiques réunit 30 associations et 1'972 sociétés.[15] Elle se dit la plus grande association d'amateurs de Suisse.[15] Au Liechtenstein, le Liechtensteiner Blasmusikverband compte dix sociétés.[16]

L'USC (Schweizerische Chorvereinigung) est la faîtière des chœurs profanes.[17] Elle regroupe environ 1'357 chœurs.[17] Ses chœurs profitent d'un contrat collectif SUISA et de contrats types.[17]

L'Eidgenössischer Jodlerverband, la faîtière du yodel, couvre aussi le cor des Alpes, le büchel et le lancer de drapeau.[18] Il propose des formations de base et continues.[18]

L'Eidgenössischer Orchesterverband réunit les orchestres amateurs de musique classique.[19] Environ 190 orchestres en sont membres, dont une quarantaine d'orchestres de jeunes.[19] Il simplifie leur décompte avec la SUISA.[19]

accordeon.ch est la faîtière de la scène suisse de l'accordéon.[20] Elle mise sur la relève, la formation et la défense des intérêts.[20]

L'ASTF (Schweizerischer Tambouren- und Pfeiferverband) réunit quatre associations régionales. Elles comptent 174 sociétés de tambours et de fifres.[21]

La Schweizerische Trachtenvereinigung est une faîtière des traditions populaires.[22] Des commissions s'occupent du chant et de la danse populaires.[22]

Ton comité sait à quelle association ta société appartient.

Qui représente la branche ?

Le Conseil suisse de la musique est l'organisation faîtière de la musique en Suisse.[23] État octobre 2026, il compte 52 organisations membres.[23] À travers elles, il représente plus de 600'000 musicien·nes.[23]

Les labels ont leurs propres associations. IFPI Schweiz est l'association de branche des labels suisses.[24] On y obtient aussi des codes ISRC pour les enregistrements.[24] IndieSuisse représente depuis 2014 les labels et producteurs indépendants.[25]

La SMPA réunit les grands organisateurs de concerts, de spectacles et de festivals.[26] Ses membres vendent environ 80 pour cent de ces billets en Suisse.[26]

La SVMV représente les éditions musicales.[27] Chaque membre a droit à une demi-heure de conseil juridique par an.[27]

Le Forum Filmmusik met en réseau les personnes qui font de la musique et du sound design pour le film.[28] Ses membres disposent d'un calculateur de coûts pour les budgets de musique de film.[28]

HelvetiaRockt s'engage pour l'égalité de tous les genres dans les musiques actuelles.[29] L'association soutient et met en réseau des musicien·nes professionnel·les.[29]

Pour la protection sociale, il y a Suisseculture Sociale. Son fonds social aide les professionnel·les de la culture en difficulté financière.[30] Son guide en ligne Artists Take Action répond aux questions de sécurité sociale.[30]

Ce que ça veut dire concrètement

Une partie du soutien vient des recettes des sociétés de gestion. La SUISA encaisse de l'argent pour les droits d'exécution et de diffusion. Sur 100 francs, la FONDATION SUISA en reçoit 2,50.[5] Chez Swissperform, 10 francs sur 100 vont à la culture et au social.[13] Ce pot finance notamment la SIS.[8] Dix pour cent des redevances des producteurs de phonogrammes vont à l'encouragement culturel.[9] C'est de là que vient l'argent de la Fondation des producteurs de phonogrammes.[9] Qui dépose une demande puise donc dans le pot de la branche. L'annuaire montre qui siège où.

Associations et organismes de soutien dans l'annuaire

Dois-je devenir membre de la SUISA ?

Selon la SUISA, l'adhésion vaut la peine quand tes œuvres sont jouées, exécutées ou diffusées en public. Tu deviens membre en signant un contrat de gestion. Ensuite, la SUISA encaisse quand ta musique est diffusée, jouée ou reproduite.

Quelle différence entre la SUISA et Swissperform ?

La SUISA représente les auteur·es et les éditeur·trices, donc les droits sur les œuvres. Swissperform gère les droits voisins des interprètes, des labels, des producteurs de films et des diffuseurs. Qui écrit ses chansons et les joue peut avoir des droits auprès des deux.

Où trouver tous les organismes de soutien d'un coup d'œil ?

La base de données kulturfoerderung.ch répertorie des adresses de soutien privées et publiques. Elle est proposée par l'Office fédéral de la culture et le Pour-cent culturel Migros. Tu peux chercher par domaine, par exemple jazz, classique ou rock/pop/chanson.

Pro Helvetia soutient-elle une tournée en Suisse ?

Non. Pro Helvetia peut toutefois soutenir des concerts dans une autre région linguistique s'ils ont lieu dans un festival ou un événement important. En règle générale, c'est l'organisateur qui dépose la demande.

Les recommandations d'honoraires de SONART sont-elles obligatoires ?

Non. SONART parle expressément de recommandations et non de cachets minimaux obligatoires. Elles servent de repère, d'aide au calcul et de base de négociation, par exemple pour un cachet de concert ou le budget d'une demande de soutien.